C’est à l’occasion de la création de son site internet que nous avons fait la connaissance de Bruno Combes. Un auteur hors du commun, dont la personnalité atypique nous a immédiatement séduits. Portrait d’un « conteur d’histoires » …

« Je ne me considère pas vraiment comme un écrivain », avoue modestement Bruno Combes, « je suis plutôt un raconteur d’histoires ». Pourtant, au printemps 2019, il publiera son sixième roman, aux prestigieuses éditions Michel Lafon. Un ouvrage d’ores et déjà attendu par plus de 20 000 fans Facebook. Un succès qui l’étonne encore.

L’alchimie de l’écriture

Avant de vivre de sa plume, cet ancien ingénieur chimiste semblait promis à une longue carrière dans l’industrie pharmaceutique. Consultant pour des laboratoires, il rédigeait surtout d’épais rapports scientifiques. Jusqu’à ce qu’un soir, épuisé après avoir abattu quelques cinq cent pages en anglais, il ne décide de se lancer un défi : écrire un roman.

« Je m’en souviens très bien ; j’ai cette image de moi en train de poser ce gros rapport… J’étais vraiment crevé et là, pour me détendre, je me suis dit : je vais écrire un roman » raconte-t-il. « Je ne sais pas pourquoi j’ai eu cette idée-là. Depuis l’adolescence, j’écrivais des poèmes, mais je n’avais jamais écrit de roman. Ce soir-là, j’ai écrit les premières pages et puis chaque soir j’ai continué. Au début, je pensais que ça allait me passer, mais non : en 8 mois, j’ai écrit Le Secret de la Montagne Noire. Je n’avais pas du tout pensé à le faire publier, mais je l’ai fait lire à mes proches, et un ami m’a suggéré de le mettre sur Amazon en auto-édition. Le livre a très bien marché et ça m’a incité à écrire le tome 2. »

Lancé, Bruno Combes ne s’arrête plus d’écrire. Le deuxième tome du Secret de la Montagne Noire est à son tour couronné de succès sur Amazon. Puis son troisième roman, Si tu en as envie bat des records de téléchargement, atteignant les 35 000 en six mois. Trois maisons d’édition sollicitent alors l’auteur. Il choisit Michel Lafon et, en décembre 2016, abandonne définitivement l’industrie pharmaceutique, pour se consacrer à plein temps à l’écriture.
« Ça ne fait que deux ou trois ans que j’ai arrêté, mais j’ai l’impression que ça fait un siècle ! » s’amuse-t-il en se remémorant ce souvenir. « Je n’y reviendrais pour rien au monde et je ne comprends même pas comment j’ai fait pour vivre comme ça pendant des années ! »

L’homogénéité du mélange romanesque

Saisi par la pulsion originelle d’écrire, Bruno Combes ne peut ni ne veut plus s’en départir. Où puise-t-il tant d’inspiration ? Sa réponse éclate comme une évidence : partout, tout le temps, tout autour de lui, sa muse, c’est la vie quotidienne.

« J’observe tout », confie-t-il. « On me demande souvent si mes romans sont autobiographiques, mais pas du tout. Mes romans sont un puzzle d’images que je vole aux autres. Pour mon premier roman, Le Secret de la Montagne Noire, par exemple, je n’avais aucune idée de ce à quoi allait ressembler l’héroïne, une jeune fille de 18 ans. Et puis un jour, j’étais en voiture, à un feu rouge devant le lycée de Libourne et j’ai vu des lycéens traverser la rue. Tout à coup, j’ai vu passer deux jeunes filles. En les voyant, j’ai eu un flash : je me suis dit que c’était exactement comme ça que seraient mon héroïne et sa meilleure copine. En rentrant chez moi, j’ai écrit la description de ces deux personnages. Quelques fois aussi, je rencontre des personnes atypiques et je les insère dans mes romans. Je me nourris de tout ce que je vois dans la vie et j’en fais une sorte de patchwork d’images. »

Nés de silhouettes entraperçues dans la rue, de comportements observés, de rencontres effectuées, les personnages de Bruno Combes prennent vie sur le papier grâce à une construction très élaborée.

« Pour chaque personnage, je fais des fiches. Je les décris physiquement, j’indique leur âge, leur personnalité, leur comportement, leurs relations avec les autres personnages… C’est important pour conserver une homogénéité tout au long du récit ».

Est-ce une manifestation de son passé de chimiste ? L’homogénéité de ses personnages et de son histoire sont pour Bruno Combes des éléments essentiels.

« Je trouve qu’un écrivain ne devrait jamais oublier qu’il ne faut surtout pas lasser les lecteurs. Pour cela, il faut être homogène. Si un événement ou le comportement d’un personnage les choque, ça va les arrêter dans leur lecture. J’ai l’obsession de ne pas ennuyer mes lecteurs et de ne pas leur raconter de bêtises. »

Une obsession qui le pousse à fignoler le moindre détail. C’est ainsi que pour écrire sur un personnage atteint d’une maladie grave, le conteur d’histoires est allé consulter son médecin traitant, afin de lui demander de confirmer ou d’infirmer le résultat de ses recherches sur cette maladie. C’est encore pour cela qu’il a demandé à un jeune avocat de lui décrire son métier pour élaborer une intrigue dans un cabinet d’avocat.

« Quand on leur raconte n’importe quoi, les gens s’en rendent compte. Si on ne connaît pas un milieu, il faut donc absolument se renseigner dessus avant d’écrire » affirme-t-il donc.

Lecture addictive
Si Bruno Combes veille autant à ne pas ennuyer son lectorat, c’est avant tout parce qu’il tient à en rester proche. « Pour un auteur, il ne peut pas y avoir de succès sans lecteurs » rappelle-t-il. « Moi j’aime les rendre addict à la lecture de mes livres. »

Très actif sur les réseaux sociaux, le romancier répond quotidiennement aux messages envoyés par quelques-uns de ses 20 000 fans Facebook, like leurs commentaires, réponds à leurs questions, poste sur Instagram, accepte volontiers de se faire photographier avec ses lecteurs lors de salons. Un échange quasi-quotidien, qui le motive et le surprend sans cesse.

« Les gens s’identifient vraiment à ce qu’ils lisent ! Il arrive qu’on m’envoie des messages pour me raconter des choses très personnelles. Dans ces cas-là, je m’efforce de rester neutre de de ne pas donner mon avis, car je me contente d’écrire des livres et je ne peux pas rentrer dans la vie des gens ! C’est parfois délicat ; par l’écriture on sent qu’on touche à leur intimité. J’essaie donc de ne pas m’immiscer dans leur vie, mais je trouve très important de consacrer du temps aux lecteurs, je tiens vraiment à rester proche d’eux.»

Ceux-ci ne s’y trompent pas. Car au bout de cinq romans, le succès ne se dément pas. Après Seulement si tu en as envie ; Ce que je n’oserai jamais te dire et Parce que c’était toi, les éditions Michel Lafon sont sur le point de republier les deux tomes du Secret de la Montagne Noire. Les parutions en format poche (Éditions J’ai Lu) se suivent et les chiffres des ventes sont au beau fixe. Avril 2019 verra la sortie du sixième roman de Bruno Combes, de l’avis de tous le plus abouti. Et tandis que ses deux premiers romans sont en cours de traduction pour publication en Russie, dans sa tête, le conteur élabore déjà un nouvel opus pour 2020…

Un intarissable flot d’inspiration qui reflète probablement l’épanouissement de l’auteur dans l’écriture.

« J’ai beaucoup appris en matière de technique d’écriture avec les correctrices et la directrice littéraire des éditions Michel Lafon » admet-il. « Je crois que mon écriture a gagné en confiance. Lorsque je relis mes premiers romans, ça me fait sourire ; je me revois tourner autour du pot pendant des pages de peur de choquer des lecteurs. Je crois qu’à présent mon écriture est plus sereine. Être édité chez Michel Lafon m’a permis de libérer mon écriture, de me permettre des choses que je n’osais pas me permettre et qu’il faut se permettre. A présent, j’ose ». conclut-il, le sourire aux lèvres.

Oser l’écriture pour se libérer ; quel meilleur exemple de reconversion professionnelle ? Espérons que, continuant de s’épanouir au fil des pages, Bruno Combes ose encore longtemps nous emporter dans son univers romanesque !

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